Triunicie et éthique

L'homme étant l'épicentre du modèle promu par la Triunicie, chaque mesure politique décidée par un gouvernement triunite est passée au tamis de l'éthique et devient rigoureusement conforme aux droits de l'homme. La Spiricience a pour rôle, quant à elle, de veiller au respect d'une morale irréprochable. Déclinaisons du « principe triunitaire », qui est le fondement d'une éthique efficiente, une série de contre-pouvoirs aux plans national et régional empêchent les dérives.

L'éthique de la revendication populaire s'exerce à travers des chambres de débats installées dans les villes. La synthèse mensuelle réalisée est analysée par les instances régionales et nationales compétentes. Des chambres segmentaires et sectorielles servent, d'autre part, à l'expression professionnelle par secteur d'activité. Ce qui évite des manifestations ou des grèves et permet, même, d'apporter des solutions en amont. Sous la Triunicie, il ne devrait plus y avoir de confrontations entre la population et l'Etat, puisque l'intérêt du citoyen est concomitant à celui d'ordre général. Tous les deux s'inscrivent dans un contexte d'harmonie sociale pour une expression aboutie de la démocratie.

L'éthique de l'économie se formalise grâce au changement du système et dans lequel ne prévaut plus une idéologie capitaliste destructrice de l'humain. La concrétisation de la primauté de l'homme sur l'économie rend cette éthique pleinement efficace. Parmi toutes les formes que cette dernière doit revêtir, il y a celle relative au respect, "lato sensu", laquelle s'avère importante pour la Triunicie. Dans le modèle « triunite », le dynamisme de l'économie n'est plus évalué à l'aide de critères capitalistes et la maximisation du profit n'a plus cours. Les individus n'y sont plus poussés à surconsommer des biens inutiles. La satisfaction des besoins utiles ne signifie pas, cependant, une planification centralisée de la production comme préconisé par le marxisme et ses dérivés, mais une rationalisation établie sur une base novatrice. Cela ne débouche guère, en outre, sur une économie de pénurie. En revanche, cette nouvelle politique impacte de manière bénéfique l'environnement. Respectueuse des ressources de la planète et de la qualité de vie de l'humanité actuelle et future, la Triunicie s'emploie à susciter le développement de la responsabilité individuelle. Elle est, en effet, essentielle à une éthique opérante en ces domaines.

Les êtres humains ressentent, au fond d'eux, la nécessité d'échanger, de partager, de s'apporter les uns les autres. Ce qui manque à l'un, l'autre le possède forcément ; car il n'y a pas la moindre carence au sein de l'Ordre Divin. Aucun génie humain n'aurait su créer la merveilleuse interaction au niveau des aspects conceptuel, pratique et spirituel entre les individus. Alors que le capitalisme incite au chacun pour soi, à poursuivre l'enrichissement personnel ou un bonheur égoïste, l'économie « triunite » encourage l'esprit collectif, solidaire et fraternel. A noter que cela a des retombées plus positives sur l'activité d'une nation ; car des personnes heureuses, sereines sont plus confiantes, créatives et productives. L'éthique de la convivialité engendre un beau dynamisme.

La Triunicie réinitialise toutes ces valeurs que le modernisme a fait tomber en désuétude et, principalement, la morale ou le respect d'autrui et des biens de la communauté. Grâce à la Spiricience qui promeut un nouvel état d'esprit et replace les fondements de l'éthique au centre de la société. Sous prétexte d'une évolution moderniste, un cadre social tend à s'élaborer en Occident que peu de personnes perçoivent comme un danger de dérive. De nouvelles valeurs s'imposent qui vont à l'encontre de l'ordre naturel. Ces aberrations sociales ne feront pas croître l'humain. La Triunicie appelle les peuples à faire preuve de vigilance et de sens du devoir, afin de ne pas laisser Satan gouverner ce monde. Je précise ici que l'éthique de l'ego, l'attachement aux valeurs dans une attitude personnelle sont stériles. La contrainte communautaire, et d'une façon de vivre conviviale, imposent de respecter les règles morales définies par la société. Certes, la conjugaison des éthiques de la responsabilité et de la fraternité entraînent une humanisation du législatif.

Chacun doit pouvoir être pleinement acteur de la société grâce à son potentiel intellectuel. Une union intelligente des capacités ou talents individuels permet à tous de participer au bien commun ; ce qui aboutit à la construction d'un progrès social harmonieux. Les institutions « triunites » veillent résolument à l'existence de cet équilibre. Ainsi l'humain et le spirituel se combinent, une nécessité pour l'avènement d'une société sereine et démocratiquement aboutie. L'homme n'évoluera spirituellement qu'au prix d'un long travail sur lui-même. Sur ce plan, il n'en est encore malheureusement qu'à un stade qualifiable de primitif. Il lui faut lutter contre cet « Homo primitivus » ou « homme archaïque » qui se cache au fond de son subconscient et, plus globalement, au fond de la mémoire ancestrale de l'humanité. Celui-ci le pousse à la violence, à la barbarie, à agir sous l'empire de pulsions animales, voire criminelles. L'évolution spirituelle est un travail personnel qu'il importe d'effectuer dans un esprit social. Elle n'est, en aucun cas, la recherche de l'illumination, mais de notre propre amélioration humaine. L'atteinte de la sainteté ou de la pureté n'est pas à la portée de toutes les âmes. Par conséquent, elle ne saurait constituer un objectif concret et réalisable par tous. Concernant le perfectionnement de notre propre humanité, qui n'est pas la poursuite de la perfection, il requiert une auto-critique permanente et objective. Par lui, nous piégeons les mauvais sentiments et, à la longue, nous parvenons à les rendre inopérants. Il est à cet endroit une forme d'éthique qui doit devenir pour chacun une loi personnelle.