L'économie triunite

Dans le modèle triunite (c'est-à-dire de la Triunicie), l'économie humaniste supplée à l'économie capitaliste.

Elle donne la primauté à l'homme et non au capital ; ce qui entraîne l'abandon de l'économie de marché. Cette suprématie de l'homme sur l'économie permet l'existence d'une société plus créative, plus unie et plus harmonieuse.

Le modèle économique de la Triunicie est juste et raisonnable. Il prône les échanges équitables, l'esprit collectif et de partage, la solidarité. Il satisfait au mieux les besoins tout en respectant l'écologie grâce à une gestion responsable des ressources de la planète.

L'efficacité de la production, la rentabilité, la compétitivité ne sont pas des finalités, mais des instruments qui doivent respecter l'éthique humaine. La prise de conscience des besoins réels débouchera sur celle des progrès utiles. Le remplacement du productivisme par une production proportionnelle aux besoins ne génère pas une économie de pénurie.

Soyons lucides ! L'économie capitaliste, dorénavant mondialisée, ne profite qu'à une minorité. La majorité aurait tout intérêt, quant à elle, à vivre dans le cadre de l'économie humaniste défendue par la Triunicie. En devenant celle de l'être humain et des peuples, plutôt que d'un système, l'économie triunite se dote d'un vrai sens.

Dans cet objectif, la Triunicie instaure un état d'esprit nouveau ainsi que des règles aptes à le concrétiser. Il s'agit là d'une grande novation. Car la philosophie économique triunite ne s'inscrit pas dans une démarche ultra-matérialiste. Par conséquent, le profit n'y prévaut pas sur l'humain.

Il est crucial de faire évoluer le monde vers une structure économique qui ne donne plus la priorité au matériel. L'expansion économique dans un schéma ultra-libéral n'est pas un vecteur d'épanouissement humain. Au sein d'un cadre matérialiste dans lequel prime le financier, celui-ci est forcément relégué. La plupart des personnes ne se réalisent pas vraiment quand elles sont assujetties à un système où prédominent la loi de l'argent, la recherche du profit maximum, la poursuite du bonheur matériel et, donc, de l'enrichissement. Celles qui souscrivent à ce mode de vie n'ont pas conscience d'accéder, en définitive, à un bien-être superficiel.

Pour ne plus pérenniser cet existant et faire que l'économie soit au service de l'homme, il y a lieu d'inverser le rapport de force. L'économie de type humaniste doit donc suppléer à l'économie capitaliste. La première donne la précellence à l'homme et la seconde au capital. Ce qui ne peut être que par une revisitation des principes de base de l'économie. Partant, il faut rendre la logique industrielle et technologique dépendante de la logique humaniste. Que signifie cette nécessité ? Que les besoins humains, et non la démarche capitaliste ou financière, doivent conditionner le développement technologique et industriel. Ce changement n'obérera en rien la créativité ; celle-ci sera, au contraire, plus intelligente, car adaptée à l'homme. La mise en place d'une éthique technologique et industrielle, rendue possible par la Spiricience, permettra d'évoluer vers un bon sens technologique. La course effrénée vers le nouveau, vers la technologie de dernier cri, à laquelle incitent les techniciens du marketing, ne sert ni l'homme ni la planète. L'hyper-technologisation de ce monde, une réalité liée à la politique économique de l'offre, mérite notre réflexion. Par ailleurs, la mauvaise maîtrise de nombre de technologies fait que certaines deviennent un danger pour l'homme. Certes, le modernisme à tous crins conduit à des aberrations. A la lumière des besoins réels, on réalise que certains progrès ne concourent pas à une vraie évolution. Evidemment, une économie centrée sur l'homme requiert un engagement des Etats les plus riches dans cette direction, à savoir l'abandon de l'économie de marché sous sa forme actuelle et l'adoption d'une économie de type humaniste avec des échanges équitables ainsi qu'un état d'esprit dominé par le collectif et le partage. D'aucuns verront là une belle utopie ; les grandes utopies ont pourtant été à l'origine de fortes mutations. Par conséquent, une telle métamorphose réclame un grand courage politique. Un progrès humain authentique est à ce prix. Grâce à la primauté de l'homme sur l'économie, la société prend une forme plus harmonieuse, plus unie et plus créative.

Au sein du modèle économique triunite, dont j'explique le fonctionnement dans un autre ouvrage, le principe du profit encadré supplée au profit libre et anarchique que l'économie capitaliste autorise. Par ailleurs, une production proportionnelle aux besoins empêche la frénésie productiviste ; ainsi la créativité est orientée et non stimulée par la recherche du profit. Ce nouveau dispositif entraîne l'annihilation de l'opportunisme économique et, avec lui, de certains modes de consommation absurdes. Les pays développés ne s'évertuent plus à fabriquer des produits inutiles, dont certains polluent l'environnement, et ne sont plus des lieux où s'entassent des stocks considérables de certaines marchandises. De fait, les anomalies découlant d'une économie de marché dérégulée disparaissent. Sous le ciel triunite, il n'y a plus de nations riches ou pauvres, mais des nations dotées d'un potentiel économique différent. Ainsi la Triunicie ouvre une ère de solidarité entre les Etats, une conséquence de son universalité.

Le passage vers une culture de partage permet de compenser ces déséquilibres affectant aujourd'hui les pays pauvres. Cela corrige aussi les inégalités qui sévissent en tous endroits de ce monde. Partant, l'ensemble des êtres humains dispose des produits de première nécessité. Les riches ne se vautrent plus dans un luxe insolent, pendant que les démunis quémandent de la nourriture auprès des associations de secours. Le système économique triunite est juste et raisonnable dans la mesure où il satisfait au mieux les besoins et les aspirations des individus tout en respectant l'écologie par une gestion responsable des ressources de la planète. Un environnement sain et équilibré a des effets bénéfiques sur l'homme. Il concourt à son bien-être et, corollairement, au respect de sa dignité.

Par la reconsidération des valeurs essentielles, le modèle économique de la Triunicie parvient à juguler les fléaux sociaux que sont le chômage et la précarité. Il aide également à la disparition des perversions procédant d'un système capitaliste immoral. La responsabilité, l'éthique et l'ordre pour le bien commun représentent des principes importants que chacun est encouragé à observer. La Spiricience veille, d'ailleurs, à l'instauration du cadre apte à les promouvoir.

La Triunicie privilégie l'épanouissement humain, puisqu'elle permet l'expression des dons innés. Richesse authentique de tout un chacun, les potentialités individuelles représentent la performance économique réelle d'une nation. Tout être humain a droit à l'équité dans l'accès à l'éducation, aux soins, à un travail et à un logement décent. Il en va ici de sa vie et de sa dignité. Pour que la société soit stable, paisible et fraternelle, il faut que les individus ne se sentent pas des objets, mais des humains à part entière.