L'universalité des droits humains

Certes, nombre de pays reconnaissent aujourd'hui l'importance du respect des droits de l'homme et certains incluent même ces derniers dans leur Constitution. Pourtant, la réalité est souvent éloignée des idéaux proclamés par la Déclaration Universelle ; vu que des violations ont lieu en tous endroits de ce monde.

Un rapport d'Amnesty International signale que quatre-vingt un pays pratiquent encore la torture, que cinquante quatre environ prononcent des jugements injustes et, enfin, que soixante-dix sept restreignent la liberté d'expression.

Le respect des droits humains représente un but inaccessible pour certains Etats. D'autres estiment que ces derniers s'inscrivent dans un schéma trop chrétien et, donc, trop occidental. Ils interprètent cela comme une domination par le modèle de type libéral. Les pays les plus pauvres éprouvent, pour leur part, une réticence envers certains droits économiques et sociaux, une critique qui est formulée également par des pays développés.

En l'absence d'une autorité supra-nationale, la Déclaration Universelle de 1948 reste un document de principe. Il s'agit, par conséquent, d'un énoncé symbolique qui ne lie en rien les Etats. Ainsi ils sont libres de mettre en place ou non les mesures visant à rendre actifs les droits de l'homme à l'intérieur de leurs frontières. En outre, ceux-ci évoluent avec le temps et doivent être examinés, aujourd'hui, à la lumière des changements sociétaux, voire économiques.

La ségrégation est un phénomène endémique sur la planète. Des millions d'individus croupissent au fond d'une cellule pour avoir voulu seulement exprimer leurs convictions. D'ailleurs, les démocraties ne sont pas indemnes d'entorses aux droits et, même, à ce niveau élémentaire de liberté. On assiste, d'autre part, à une montée croissante des discriminations des minorités : religieuse, raciale, politique. Elles sont assimilables à des atteintes à la dignité de la personne. Il convient aussi de souligner que l'intégration des populations immigrées est, bien souvent, mal conduite dans les pays d'accueil. Aussi est-il impératif de débattre sur le modèle capable de répondre aux défis de ce vingt-et-unième siècle. Le multi-communautarisme se développera fortement au cours de celui-ci et les discriminations empireront si les Etats perpétuent l'attitude d'esprit actuelle.

Un Etat a le devoir de garantir la sécurité de ses citoyens ; il s'agit donc d'un droit essentiel au même titre que la liberté ou l'égalité. Par elle, le droit à la vie se trouve préservé et, subséquemment, tous les autres. Partant, le gouvernement d'un pays a l'obligation de lutter contre le terrorisme et d'étudier, parallèlement, des moyens intelligents visant à le juguler. En outre, l'action antiterroriste ne doit pas imiter ceux qui perpètrent pareille violence. L'élévation du comportement devrait finir par la dissuader.

La peur de l'Autre est un sentiment récurrent chez nombre d'êtres humains. Elle les induit à éprouver de la défiance envers l'étranger. L'homme est par nature enclin au tribalisme ; ce que les regroupements communautaires reflètent. L'immigré est donc perçu, plus ou moins consciemment, comme un envahisseur, voire une menace pour la sécurité publique et quelqu'un qui cherche à imposer constamment sa culture ou sa manière de vivre. Ainsi, au moindre problème, il fait office de bouc émissaire et, dès lors, tous les motifs sont bons. Il s'agit évidemment d'une attitude désuète en cette époque de brassage culturel.

Quel que soit le pays où elles ont lieu, les violations des droits humains infligent une souffrance identique aux individus. En effet, outre des particularités physiques et culturelles, les personnes ne sont pas fondamentalement différentes. Certes, la mixité sociale et les échanges amènent une diminution de la peur et aident à l'évacuation des fantasmes. Par un effort de compréhension mutuelle, on solutionne des problèmes apparemment ancrés dans l'inconscient collectif.

Incontestablement, les droits de l'homme continueront d'être bafoués ad vitam aeternam si le modèle actuel se perpétue. Selon les régimes qui les gouvernent, les pays affichent une grande inégalité en la matière. D'ailleurs, il faut bien reconnaître qu'aucun n'a su instaurer, à ce jour, un cadre social vraiment respectueux de la personne humaine.